SOI(S) | 2018

 

Ce projet s’inspire d’une représentation  de l’Être dans la tradition soufie. Conçu comme un oignon, l’Être serait fait en couches concentriques : le corps, l’âme, le cœur, l’esprit… et l’essence, tout au centre. À travers ces cinq seuils, l’Être se met en route vers lui-même, entre la matière brute et la matière subtile, le visible et l’invisible, la dualité et l’unité. La pièce se décline donc en cinq tableaux, respectivement pour le CORPS, l’ÂME, le CŒUR, l’ESPRIT et l’ESSENCE. Cinq univers, cinq musiques, cinq fréquences vibratoires qui parlent du soi, du Soi, et invitent à l’action d’être :  » sois! « . 

Cette danse est une expérience partagée par treize individus, à vivre comme un voyage initiatique… Embarquement immédiat !

Guide d’ateliers : Sarah Dell’Ava | Danseurs-ses / créateurs-trices : Clémence Modoux, Solène Kojtych, Sarah Keil, Samantha Vergara, Ornella Calisti, Diane Ruiz, Romane Isabella, Anne-Claire Rozier, Matteo Esteves, Margaux Rouganou, Gabrielle Bouchard, Estelle Esteban Bourbon, Régine Wagnac, Émilie Dubé-Royer Répétiteur : Matéo Chauchat | Où et quand : les 13 et 14  avril (20h), et le 15 avril (14h), au Centre d’Essai de l’Université de Montréal (Pavillon J.-A.-DeSève, 2332, boul. Édouard-Montpetit, 6e étage)

 

Ça commence par un cri, un rire, des pleurs, on ne sait pas très bien. On écoute, on trébuche, jour après jour encore et encore. Parfois on est bousculé, on tremble, on se relève, on tombe, on se relève, encore et encore. Et puis vient un moment où la chute s’inscrit dans la mémoire du corps et quelque chose se brise. Une barrière. On est touchés, on est ému, on donne, on revit, on pleure, on est animal ou démon, totem ou légèreté. Objet de désir et de fantasme, de colère et de protection. On a l’âme toute remuée et on croit toujours que ça n’arrive qu’à nous, puisque chacun est unique. Pourtant nous ne sommes pas seuls quand nous tombons, quand nous marchons, au rythme du même coeur qui bat, comme pour nous rappeler qu’après tout, tout cela n’était rien. Comme si on prenait quelques instants pour s’asseoir et lire notre propre histoire, en riant doucement comme un enfant. Il rit car il voit au-delà, au-dedans de ce coeur qui bat, qui bondit, qui fascine, qui donne vie à toute chose. Alors on ne sait plus très bien si on pleure ou si l’on rit, tout est mêlé. Il n’y a plus que des consciences qui se parlent sans mots, qui vibrent ensemble comme les cordes d’un banjo. Et puis, plus loin encore, quand l’énergie et les corps et les esprits ne forment plus qu’un, il y a encore quelque chose. Juste là, un peu plus loin. Est-ce que c’est tout ce qu’il reste de nous ? Ou est-ce que c’est exactement nous, au plus profond de nous-même, à l’intérieur, partout. [Solène Kojtych, pour Synapse]