Presse

SARAH DELL’AVA : À L’ORIGINE DU GESTE | 2018

♦ Mélanie Carpentier,  Revue du Théâtre JEU | mars 2018

« [...]  Dans son approche du mouvement, Sarah Dell’Ava cultive une dimension philosophique, voire spirituelle. La danse revient à se connaître soi-même pour mieux être disponible à la rencontre de l’autre  [...]. Porteuses d’une vision artistique inclusive, les créations de Sarah Dell’Ava nous invitent à repenser le rôle de la danse en société. À contre-courant de l’homogénéité des corps glorieux et de la dépense spectaculaire, ses créations redonnent à l’art du mouvement ses vertus philosophiques, sociales et thérapeutiques. » 

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ORI OU LES CHAMBRES DU COEUR | 2017

♦ Robert St-Amour,  Extrait du blogue « Sur les pas du spectateur«  | octobre 2017

« [...]  Loin des standards habituels de la danse, la chorégraphe nous entraîne dans une démarche décrite, « coeur à coeur, corps à corps », mais qui, selon moi, dépasse les interactions humaines, fort bien présentées d’ailleurs, pour celle de la création de notre monde. (…). Comme si je voyais la création du monde, au premier jour, par leurs pulsations et leurs déplacements. Ce magma originel ou cette première cellule, je suis avec fascination son évolution. (…) Difficile de bien décrire ce que je ressens, mais cet organisme originel qui s’est divisé devant moi, il s’est « resolidarisé » au son des chants et au rythme des mouvements de cette collectivité du moment. (…) Au final, quoi dire de plus que la danse contemporaine peut se décliner de façon fort différente, mais aussi de façon fort surprenante. Elle peut se voir, mais aussi elle peut se vivre. Il peut en émerger des moments de bonheur qui nous laisse une trace au coeur et au corps. Merci Sarah et toute ta gang pour ton travail patient (un an, si mes renseignements sont bons) à créer des moments qui nous montre la direction vers laquelle notre monde devrait aller. »

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La trace de ceux qui ont marché | 2017

♦ Mélanie Carpentier,  Extrait de l’article « Briser l’isolement par la danse contemporaine »  | septembre 2017 

« [...] Rencontres thérapeutiques : De de façon similaire, le dernier projet de médiation culturelle de Danse-Cité mené par l’artiste Sarah Dell’Ava auprès de personnes arrivées à titre de réfugié ou de migrant reçu, a nécessité d’approcher des spécialistes en la matière pour saisir amplement les conditions des migrants et éviter les maladresses et les faux pas. Avec La trace de ceux qui ont marché, il s’agissait d’ouvrir un espace de partage et de rencontres interculturelles par le biais de la danse et du chant afin d’aboutir à une installation performative (présentée au MAI en juin dernier) ».

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375 berceuses pour Montréal | 2017

♦ Geneviève Tremblay,  Extrait de l’article 375 berceuses pour Montréal fait voyager des chants de l’intime qui racontent la ville | juillet 2017

« [...]  À terme, au mois d’août, une archive sonore de 375 berceuses pour Montréal sera mise en ligne de manière à conserver ce patrimoine oral et forcément « fugitif ». Le collectif espère ainsi contribuer à faire vivre ce qui, comme ailleurs dans le monde, risque de se perdre avec le recul de certaines coutumes. « Ce n’est plus une oeuvre d’art, analyse Sarah Dell’Ava, mais un projet où chacun participe à quelque chose de plus grand que soi. »

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Ça peut être tout, ça peut être rien | 2017

♦ Robert St-Amour, Extrait du blogue « Sur les pas du spectateur« , avril 2017

« [...c’est à une prestation qui a tout du rituel à laquelle nous avons droit, rituel durant lequel les masques tombent graduellement, les voies se font entendre dans une suite de mouvements qui semblent émerger du plus profond des interprètes. Les chants inspirés de chant de guérison, de chant de mariage et de lamentation funèbre ajoutent une touche solennelle qui envoute. Sur scène, les ondulations de sensation dominent. Il serait utile de se rappeller que l’objectif de « Synapse » est le besoin de vivre, à travers la danse, l’expression du langage du corps, de l’imaginaire et de l’émotion. La chorégraphe l’a très bien compris et chacun des spectateurs présents l’a bien constaté et sûrement comme moi bien apprécié. Voilà une oeuvre dans laquelle les interprètes se sont investis corps, voix et âme. Pour ma part, je suis prêt à la revoir pour mon plaisir, et surtout aussi pour le bien-être qu’elle m’a apporté.»

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Éclats | 2016

♦ Audray Julien, Extrait de l’article « Un peu de chaleur » sur le site DfDanse, décembre 2016

« Dès les premières minutes, un calme s’installe, l’investissement interprétatif des danseurs est incarné. Parfois on les sent basculer dans une intériorité pleine d’écoute à soi alors qu’à d’autres moments cette bienveillante écoute s’ouvre vers l’autre. Pendant ces instants, on voit les danseurs apporter soutien et réconfort à ceux qui en ont besoin. Il est très beau de voir l’attention et le soin que les interprètes se démontrent mutuellement lorsqu’ils se viennent en aide, s’enlacent, se portent et prennent contact dans des duos. Il est tout aussi beau de les voir investir les gradins pour propager ce même soin au public grâce à de simples touchers ou bien par le partage de petits solos qui lieront intimement les interprètes à un spectateur de son choix. À quelques reprises, des sauts et de grandes courses viennent secouer un peu cet état de corps et d’esprit, une plus grande vague vient troubler le confort trouvé dans le ressac cyclique qui doucement s’installe tout au long de la proposition. [...] À la vue de ces 18 interprètes qui se rassemblent et font non seulement vivre, mais évoluer différentes envolées de geste, que celles-ci soient minimales ou bien éclatantes, on ne peut qu’apprécier leur esprit rassembleur.»
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Et si on dansait ? | 2016

♦ Fabienne Cabado, Extraits des chroniques sur le blogue du projet, avril 2016

« Je me rends compte aussi qu’en tant que créatrice, je suis souvent dans une frénésie du micro changement, commente Sarah. Je veux vite changer ceci ou cela pour que ce soit mieux, que ça corresponde à ce que j’imagine. Dans ce projet, il fallait au contraire limiter l’information, aller lentement et ne pas trop faire de changements une fois les choses établies. J’ai trouvé très intéressant de devoir accepter les choses telles qu’elles étaient et de faire confiance au fait qu’elles allaient trouver leur rythme. J’ai compris qu’il suffisait de se déposer dans ce qui a été créé et de le laisser vivre pour que ça trouve sa place. Et ça, c’est une grande leçon de vie et d’art. »

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Oriri | 2013

♦ Frédérique Doyon, « Le grand réveil », Le Devoir, 21 novembre 2013

Oriri, racine latine du mot origine, signifie naître, se lever, s’élancer hors de. Il y a un peu tout cela dans la chorégraphie du même nom de Sarah Dell’Ava, jeune chorégraphe au talent déjà affirmé, qui livre la pièce de résistance d’un programme double à Tangente.

Les spectateurs entrent dans une salle parsemée de corps allongés aux mains jointes dans ce qui semble être leur dernier repos. Quand l’obscurité annonce le début de la pièce, le vacarme de pierres qui roulent et s’entrechoquent déchire la quiétude. Premier éveil.

Puis, de leur immobilité première (ou dernière?), les neuf interprètes d’âges et qualités différents se lèvent graduellement dans une atmosphère méditative. Chacun à son rythme mais toujours lentement, ils suivent un même cérémonial, par accumulation: paumes qui se joignent, petites convulsions avant de ramasser puis de laisser choir des poignées de pierres. Entre le poids de la terre et la légèreté de l’âme.

Une fois debout, c’est le grand réveil, ils gambadent ou courent, dans un mouvement circulaire qui domine toute la pièce et qui fait penser à la danse euphorisante des derviches. Ils reviendront au repos pour mieux se relever, dans un mouvement perpétuel.

Cette drôle de ronde est d’abord ponctuée par le son des pierres et des petite clochettes attachées à leurs corps. Puis se déploie une mélodie de tanbur (Pooria Pournazeri).

Tout cela est beau de douceur et de simplicité et surtout d’une étonnante maîtrise de composition pour une si jeune chorégraphe — malgré un petit côté feng shui parfois lassant. Sarah Dell’Ava a été formée d’abord à Genève, puis à l’UQAM (finissante 2009), et reçoit encore aujourd’hui un entraînement notamment en butô auprès de Jocelyne Montpetit. Les quelques pièces qu’elle compte à son actif ont pour quête l’origine du mouvement, la source de son impulsion. Oriri tient presque de la quête ontologique, de l’origine de l’être.

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Dans les plis | 2012

♦ Fabienne Cabado, « Dans les plis : talent à surveiller ». Voir.ca, 2 février 2012

Dans la masse d’une jeune génération souvent tentée d’occuper la scène avec des drames personnels et des parodies humoristiques, Sarah Dell’Ava se distingue comme une voix forte qui interroge la danse et l’acte chorégraphique. Interprète à la présence totale et inspirée, elle s’intéresse à ce qui motive le geste au creux du corps et au transfert possible de l’empreinte picturale dans le mouvement. Investie dans un dialogue étroit entre danse et arts visuels, elle offre un étonnant corps à corps avec un immense drap de papier dans les plis duquel elle livre les secrets de son intimité physique avec délicatesse [...].

♦ Sylvain Verstricht, « Ce qu’il reste en mémoire de la danse en 2011 ». Local Gesture, 27 décembre 2011

Avec Dans les plis, [Sarah Dell’Ava] a une fois de plus prouvé qu’elle demeure la chorégraphe émergente à surveiller.

♦ Sylvain Verstricht, « A Few Picks for the 2011/12 Danse Season », Local Gesture, 15 octobre 2011

There’s Sarah Dell’Ava, who has been making some of the most fascinating solo work coming out of Montreal. She’s the kind of dancer who you can tell dances not only with her body but also with her brain. See the proof in her continued exploration of dance as imprint, Dans les plis.

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Dans les poids, jaillir | 2012

♦ Maud Mazo-Rothenbühler « Un tour de force et de grâce  », Danscussions, 15 janvier 2012

[...] « Poids-Loi / Poids-moteur / Poids-ombre / Fleur du poids / Poids-joie / Poids du vécu qui pèse dans la chair / Poids sans force / Souffle-poids»… Comme dans tous les cas où l’on investigue une problématique de recherche, c’est une multitude de suppositions et de possibilités de réponses qui se présentent, ainsi que des centaines de portes qui s’ouvrent ! Pas une semble échapper à Sarah. Pas une semble être mise de côté. C’est en incarnant sa recherche, et en s’associant à des interprètes qui ont accepté de donner de la chair (de la vraie !) à son sujet, que Sarah nous offre une démonstration extrêmement fine et intelligente de sens.

Avec Sarah, on ne se contente pas d’une simple démonstration d’un travail universitaire. Elle nous offre (peut-être sans vraiment le savoir) bien plus ! Elle nous offre sa sensibilité artistique. Car effectivement sa ‘griffe de créateur’ transparaît à travers des choix esthétiques incroyablement probants et efficaces qui ne font que soutenir son propos : le jaillissement par le poids. C’est donc accompagnées de blocs de glaise grise en forme de pavé que les interprètes dansent, bougent, sautent, s’allongent, sautent, se ré-allongent, re-sautent, s’essoufflent, s’apaisent, se tiennent par la main, reculent, avancent, se poussent, s’essoufflent, lâchent, prennent, se désorientent, se réorientent, ferment les yeux, s’érigent, s’affaissent, inspirent, expirent…[…]

Il est d’ailleurs fascinant d’observer une des interprètes prendre le temps de déposer ses pieds et son poids dans la glaise, de fermer ses yeux, de prendre une inspiration, et de propulser (c’est bien le mot !) un chant italien a cappella avec la force de son ancrage dans le sol, de son alignement vertical et de son souffle. Le tout dans une apparente facilité !

Le spectateur touche là à l’essence même du chant, à l’essence même de la parole, à l’essence même de la vie : le souffle et le poids minutieusement tissés ! Pesanteur et légèreté… J’ajouterais même force et grâce !

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Dans la peau | 2011

♦ Marie-Chantal Scholl, « De la peau à la chair : Dans la peau, de Sarah Dell’ava »,
Dfdanse, 21 février 2011.

[...] Les danseurs, retirés en eux-mêmes, semblaient interroger chaque point de contact entre leur peau et leur chair, comme cherchant à ressentir pleinement chaque millimètre de leur incarnation. [...]. Dans notre corps s’imprègne la mémoire. La mémoire collective, la mémoire individuelle. [...] Sur la peau qui nous recouvre, se trouvent les marques de cette histoire. Dans la chair aussi, tridimensionnelle, lourde, épaisse, massive, volumineuse. L’une et l’autre étant amalgamées, peut-on trouver dans les rigoles de la feuille qui nous enveloppe un chemin vers les denses profondeurs de notre corps ? [...]

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Dans les carnets | 2010

♦ Marie-Chantal Scholl, « Tangente présente : « Danses buissonnières » / classe 2010, la critique. Un buffet de fines bouchées », Dfdanse, 20 septembre 2010.

[...] Sans autre musique que le froissement du papier et la subtile musique des mouvements, Sarah en chaîne les gestes avec détachement dans un rituel cherchant à apprivoiser la matière. Je suis matière, tu es matière. J’existe, tu existes. Dansons ensemble. Jouons ensemble. Il froisse, il glisse. Il a une plasticité, un volume. Elle le soulève, elle le mord. Le papier éclatant brille sous la lumière ; parsemé de petites taches, il est unique. Comme elle. Ce curieux spectacle est une étude sur le mode d’existence des choses. Plutôt que de passer par l’émotivité du spectateur, il mystifie l’intellect. Dell’ava propose une façon de sentir les choses, leur présence, leur occupation de l’espace, leurs formes et leur densité. Artiste à surveiller. [...]

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