O | 2020

 

Le projet « O » conclut le polyptyque ORIRI-ORIR-ORI-OR-O. Il rassemble un vaste groupe de performeurs, de tous les âges, expériences et cultures, au sein d’une danse intuitive.

 

En ces temps de guerres et de violences

En ces temps d’incompréhensions et de pertes de repères

Vers où se tourner ? 

Je pense que c’est un retournement en soi

Qui permettra aux êtres de trouver un chemin de paix

Pour que les cœurs de pierre retrouvent leur douceur de chair

Pour que les cris se mutent en chants

Pour que les tremblements de peur deviennent tremblements de joie. 

 

L’art n’est ni bon ni mauvais : tout dépend de son utilisation

J’aspire à un art qui amorce le mouvement dont nos êtres ont soif

Vers un espace intérieur, un espace pour devenir ce que l’on est vraiment

Des êtres vibrants, vivants

Capables de dialogue

Capables d’harmonie

Capables de paix

Capables d’amour

 

Danser ensemble, c’est entrer en dialogue

En harmonie

En paix 

 

Toute vie évolue en cycles ; l’univers tout entier est cyclique. Tout comme la Terre tourne autour du soleil dans un cycle régulier, toute la nature change selon un schéma cyclique. Les saisons se succèdent en cercle : printemps, été, automne, hiver, puis encore le printemps, et ainsi de suite. De la graine vient l’arbre, l’arbre produit à son tour des graines, et les graines grandissent pour devenir des arbres. C’est un cercle. De la même façon, la naissance, l’enfance, la jeunesse, la vieillesse, la mort puis à nouveau, la naissance. La mort n’est pas la fin ; c’est le début d’une autre vie. Tandis que la roue de la vie tourne, les actions du passé engendrent leurs fruits. Nous ne pouvons pas dire quand le fruit viendra, quel fruit ce sera ou la façon dont il viendra. C’est un mystère connu seulement du Créateur. Si vous avez la foi, vous croyez ; sinon, vous niez. Que vous y croyiez ou non, les fruits viendront, la loi du Karma s’applique. Le Karma et ses résultats seront inévitablement vécus par toute créature vivante jusqu’à ce que le mental se taise et que l’on soit heureux en son propre Soi. » — Amma 

 

Tous les plaisirs les avoir voulus… et puis ? / Tous les livres les avoir lus…et puis ? / Khayam, tu vas vivre admettons, cent ans… / Mettons, si tu veux, cent ans de plus…et puis ? — Omar Khayam

 

Temps gris, temps clair, aurore, crépuscule, change incessant : / Au grand Vide j’ai appris à confier mon humble corps. / Nés de l’Origine sans dessein, y retournant sans regret, / Les nuages ressemblent à l’homme qui les contemple. —  Su Shih

 

Sans cesse nous venons, alors il faut aller / Il faut avancer jour et nuit / Et là d’où nous venons, là même il nous faut retourner / De rien à rien ! / De rien à rien!  / Alors, tout cela, qu’est-ce donc?   — Lallâ

 

Il est donc bien clair quaccepter l’autre, c’est avoir conscience  qu’il y a toujours quelque chose d’inconnu en lui comme en nous. Ainsi l’autre est-il toujours une énigme. Et un abîme. Comme est abîme la source que nous pressentons, mais qui échappe  à notre appréhension intellectuelle. On ne peut donc jamais dire que lon connaît l’autre pas plus que l’on ne se connaît soi-même. Dieu sait si j’aime Socrate, masi je remets en question la fameuse parole « Connais-toi toi même! » Je répondrais que nous ne pouvons nous connaître nous-mêmes; une partie de nous-même nous échappant, dans la mesure où nous échappe et nous échappera toujours la nature ultime de la Source.  — Georges Haldas