Or | 2018

 

Une mosaïque de gouaches colorées. Un corps à la recherche de l’origine du geste. Un temps d’écoute. À travers des mouvements intuitifs en résonance avec les spectateurs-témoins, OR ouvre un dialogue sensible et toujours renouvelé entre le soi et l’autre. La performance dure 4 heures et se déroule sur 9 jours consécutifs. Votre billet vous donne accès à l’espace de la performance en tout temps.

A mosaic of colourful paintings. A body searching for the origin of movement. A time to listen. Through an intuitive dance reflecting the presence of spectators-witnesses, OR opens  a sensitive dialogue with the other, continuously renewed. The performance lasts 4 hours and unfolds over 9 consecutive days. Your ticket gives you access to the performance space at any time.

Teaser vidéo (par Robin Pineda Gould)

Visite en studio (par Paco Ziel)

(IM)MATÉRIALITÉ(S) – par Audray Julien

L’INCANDESCENCE DE L’OR/ART – par Luc Archambault

CHERCHER LE GESTE (ET SON DÉSIR DE LE POSER) – par Jeanne Hourez

SUR LES PAS DU SPECTATEUR – par Robert St-Amour

 

Du 14 au 22 septembre 2018 à Tangente.

Les 14, 17, 18, 19, 20, 21 septembre de 18h à 22h.

Les 15, 16, 22 septembre de 14h à 18h.

Discussion avec le public le samedi 22 septembre à 18h.

Peintures et performances : Sarah Dell’Ava | Lumières : Hugo Dalphond | Conception sonore : Olivier Girouard  | Dramaturgie : Ilya Krouglikov | Rédaction : Marie Mougeolle | Photos et vidéos promotionnelles : Robin Pineda Gould | Soutiens : Conseil des Arts et des Lettres du Québec + Espace Oriri | 

 

 

Il faut t’éveiller dès ce corps, car tout est en lui : ressusciter dès cette vie. [Évangile de Philippe]

L’être humain (…) doit naître deux fois : une fois de sa mère, une autre à partir de son propre corps et de sa propre existence. [Faouzi Skali]
J’aime beaucoup le mot : amour. Je crois que nous devrions passer notre corps dans le tamis du monde et ne garder que l’amour qui y reste. [Nicolas Cantin]
Se tenir face au vide. Et porter les petits symphonies qui apparaissent dans le vide. Et c’est tout. [Alex-Ann Boucher]
Temps gris, temps clair, aurore, crépuscule, change incessant : Au grand Vide j’ai appris à confier mon humble corps. Nés de l’Origine sans dessein, y retournant sans regret, Les nuages ressemblent à l’homme qui les contemple. [Su Shih]

La première identité est celle du corps, c’est une identité cellulaire, une identité de chair. [Giuseppe Penone]

Écouter le corps, écouter ce qui se dit de l’intérieur. [Magda Hollander-Lafon]

L’ennui prépare l’émerveillement, comme on déploie une nappe blanche sur la table, les jours de fête. [Christian Bobin]

Le dessin prolonge l’acte de la main, et avec elle du poignet, de l’avant-bras, du regard, et finalement du corps tout entier. Contre l’intellectualisation à laquelle on a voulu parfois le réduire, le dessin produit une configuration rythmée du réel naissant du rythme même du corps. [Jacques Derrida]

tu griffes coupes ailles creuses /déchire cette peau de l’apparence / qui tient dans la nuit / ce que poursuit ta soif / et retirée cette peau / c’est toi-même / que tu trouves / sur toi-même / que tu opères / sans fin tu griffes coupes / tailles creuses incises perfores / t’applique à minutieusement / anéantir ce fatras / qui t’encombrait / opacifiait ton œil / pour désobstruer / la source / agrandir l’espace / faire jaillir / la lumière. [Charles Juliet]

Il y a bien d’ailleurs un âne dans la vie de François. Il dort quand François dort, il mange quand François mange, il prie quand François prie. Il ne le quitte jamais, l’accompagne du premier au dernier jour. C’est le corps de François d’Assise, c’est son propre corps qu’il appelle ainsi : « mon frère l’âne » – manière de s’en détacher sans le rejeter, car c’est avec ce compagnon qu’il faut aller au ciel, avec cette chair impatiente et ces désirs encombrants : pas d’autre accès aux sommets éternels que par cette voie-là, escarpée, caillouteuse, un vrai chemin de mulet. [Christian Bobin]

L’esprit s’éveille au creux d’un corps, au tronc du souffle, aux racines de la chair. [Christian Bobin]

La vie est plus grande que nos vies. La vie n’est pas dans tel corps, telle figure et telle chose. Elle n’est pas ici où là.Elle est entre ce visage et cet autre visage, entre cette chose et cette autre chose, entre ici et là. Entre-deux toujours. Mobile, fluide, imprenable. La vie c’Est la circulation infinie d’un visage à une parole, d’une parole à un silence, d’un silence à une étoile, d’une étoile à un visage. Le contraire d’une identification à un rôle , à une place, à un nom. [Christian Bobin]

Profondément dans la chair, je devrais trouver Dieu. [Job]

(mais parfois parfois seulement il y aura d’autres joies d’autres extases ces moments d’évasion de miel et de sucre et de cigarettes même pourquoi pas ces moments au goût d’eau salée d’océan de rêve-océan où mon corps est plus grand où mon corps dans le vent est un champ de blé qui danse). [Sylvie Fortin]

Mais je ne suis pas devant mon corps, je suis dans mon corps, ou plutôt je suis mon corps. [Maurice Merleau-Ponty]

Derrière tes pensées et tes sentiments, mon frère, se tient un puissant maitre, un inconnu montreur de route – et qui se nomme : soi. En ton corps il habite, il est ton corps. [Nietzsche]

Tu veux apprendre qui est ton être ? Décroche. Retire-toi en ton dedans. [Henri Michaud]

Tout ce qui est séparé dans le temps et l’espace, s’unit dans l’émotion poétique. [Georges Haldas]

L’autre n’est pas seulement celui qui est en face de moi, il est d’abord en moi.  Chaque être humain est né de la rencontre d’un père et d’une mère. Notre corps n’est pas fait par nous. Nous habitons une maison que nous n’avons pas construite nous-même. En ce sens, notre corps est déjà l’autre en nous. L’autre est un élément constitutif de nous-mêmes attesté par la seule existence déjà de notre corps. On pourrait dire, dès lors, que celui qui ne respecte pas son corps ne peut pas respecter l’autre. Il faut respecter son corps dans la mesure où il est l’autre déjà. [Georges Haldas]