Ori | 2017

 

ORI OU LES CHAMBRES DU COEUR est le troisième opus chorégraphique du polyptique ORIRI. Il condense plusieurs années de recherches autour de l’origine du mouvement.

Visite en studio (10 minutes) 

Extraits (12 minutes)

 

 

La beauté vient de l’amour.
L’amour vient de l’attention.
L’attention simple au simple,
l’attention humble aux humbles,
l’attention vive à toutes vies.
 - Christian Bobin -

 

 

Ce projet s’intéresse à un rythme primordial, une sorte de mouvement fondamental de l’existence : le battement du cœur. À 22 jours et 2 millimètres de chair, le fœtus en formation commence à pulser. Cette danse perpétuelle ne cessera plus, jusqu’au au dernier souffle. Puissant, irrégulier et infatigable… le rythme cardiaque transmet sa force tout en évoquant la fragilité de la vie qu’il transporte. Le groupe intergénérationnel de performeurs évolue au gré des pulsations, symboles, rêves et imaginaires du coeur. 

 

Chorégraphie : Sarah Dell’Ava | Musique : Pooria Pournazeri et Saeed Kamjoo | Éclairages : Hugo Dlaphond | Interprètes : Matéo Chauchat, Annabelle Chouinard, Geneviève Dussault, Alice Grondin Segal, Céline Laquerre, Anglesh Major, Gisèle Morrissette, Marie Mougeolle, Caroline Namts, Kiyane Racine Pedron, Parisa Rajabiyan, Cara Roy, Richard Trottier, Amaryah Yisrael, Hezekyah Yisrael | Quand  et où : Du 12 au 15 octobre 2017, Tangente Laboratoire de mouvements contemporains. | Partenaires : Conseil des Arts et des Lettres du Québec (bourse de création) et Département de danse de l’UQAM (résidence de création). | Merci : merci à Kyra Revenko, Gisèle Morrissette, Danse Carpe Diem/Emmanuel Jouthe et Circuit-Est centre chorégraphique pour leur soutien.

 

Question-réponse avec Dena Davida :

Dena – « Par la mise en scène de cette “communauté de sensibilité,” si poétique et tribale, tu nous proposes une vision utopique pour l’humanité ou une allégorie de plaisir et de tendresse? »

Sarah - Il y a bien un désir d’harmonie entre les humains dans cette pièce. Au-delà du projet scénique, c’est une aventure qui a rassemblé des êtres vivants qui ne se ressemblent pas. À travers les différents métiers, cultures, langues, âges et caractères, comment une communauté tisse-t-elle un lien au-delà des conventions sociales ? Chacun peut-il s’ouvrir à soi-même et à l’autre de façon réelle et authentique ? Bien plus qu’une performance, ce projet a fait apparaître un questionnement sur le vivre-ensemble. Comment, ensemble, faire un bout de chemin ? Comment s’engager dans un voyage sans effacer les différences ? Peut-on prendre l’individualité comme tremplin pour une harmonisation des relations ? Je crois qu’aujourd’hui, il est essentiel de permettre des occasions de relation, d’amour et de paix. L’art est un bon microcosme pour faire advenir une humanité plus vraie, engagée et aimante. 

Cette création a aussi fait naître des espaces de tendresse. Il me semble que nous sommes sculptés par l’amour. Le symbole que porte le « cœur » s’est imposé à moi depuis quelques années : ce lieu vaste, profond, mystérieux. Cette grotte mystique. Peut-on danser – donc vivre – en étant connecté à cet espace sensible ? Quels mouvements, quels échanges dansés, quels chants activent en nous la région du cœur ? Quels sont les élans que portent ce lieu ? 

Et ainsi reliés au cœur, ne sommes-nous pas tous poètes ? Yoshi Oïda le dit si bien : « À mon avis, nous naissons tous poètes et ce sont les exigences de la vie (l’éducation, la famille, etc.) qui nous font perdre cette qualité originelle. » Chaque humain, peu importe ses conditionnements, son expérience de vie et sa vitalité, a droit à cette partie de lui-même. C’est un droit de naissance. Mon travail d’artiste ne consiste qu’à éveiller cela, en chacun, quel qu’il soit. Ce spectacle est un rappel de cette qualité inhérente à l’être humain. Une fois la porte ouverte, chacun sait, à sa façon, parler de l’indicible, évoquer l’invisible, toucher du doigt le mystère qui nous lie à nous-mêmes, aux autres, au monde.

J’invite les spectateurs à recevoir cette pièce comme une méditation à travers les voix, les mouvements, les présences, les matières et les sons. Laissez-vous porter par la simplicité, le don et l’énergie des performeurs. Ils cherchent à chaque instant à demeurer dans l’écoute de leur cœur… et à entrer en résonnance avec le vôtre. 

 

 

Merci également aux danseurs-ses qui ont contribué à cette recherche pendant l’été 2015 à Montréal : Sabine Monnin, Diane Thibodeau, Julie Filiatraut, Émilie Dubé-Royer, Caroline Nadeau, Alexis Lafleur-Trudeau, Charlotte Horny, Manuel Shink, Marie-Eve Archambault, Karine Bouchard, Jody Hegel, Hélène Messier, Narges Esfahani, Sachiko Sumi, Laurence Dufour, Jeimy Oviedo, Karine , Nicolas Filion, Gisela Restrepo, Juliette Filion, Clarisse Delatour, Karine Desrochers.

 

 

 

Ce projet a débuté lors d’une résidence au Collège Claparède à Genève en janvier 2015. Merci aux interprètes Elodie Aubonney et Valérie Bouvard, à l’enseignante Julie Brand, au compositeur Rudy Decelière et à l’Ensemble vocal de poche (musique), ainsi qu’aux élèves : Louana Aladjem, Danae Meynet, Melchior Best, Marisa Magalhaes, Chakir Ali, Dounia Ravonel, Viviane Paychère, Nolwenn Keraudren, Louise Comte, Flavia Febo, Jeremy Benaroch, Jonas Tarazi, Amelle Ben Salem, Estelle Krosset, Meryam Khda, Miguel Gomez, Laura de Oliveira, Deborah Mafé-Pierog, Adrien Savary, Mina Baumgartner, Stephane Bonard et Valérie Rossier.